L’Ontario
De façon générale, le portrait démographique actuel de l’Ontario laisse entrevoir une certaine stabilité de la langue française. Parmi les quelque 1,5 million de personnes qui parlent le français dans la province, on dénombrait en 2016, selon la Définition inclusive de francophone (DIF), 622 415 Franco-Ontariennes et Franco-Ontariens(1), ce qui représente la plus grande population francophone dans une province autre que le Québec. Cette population ne cesse de croître, surtout en raison de l’immigration – d’ailleurs, il est prévu que les immigrants et immigrantes forment entre 22 et 26 % de la population francophone de la province en 2028(2).
La région de Toronto et du 905 est, pour sa part, la partie de la province où la population francophone augmente le plus, en grande partie grâce aux nouveaux arrivants et nouvelles arrivantes. Les francophones issus de l’immigration sont appelés à contribuer fortement à la pérennité de la communauté franco-ontarienne et, pour qu’ils le fassent, il faut tout faire pour les intégrer pleinement à la vie en français en Ontario.
Cela dit, l’Est de la province, région souvent perçue comme le château-fort de la francophonie, connait aujourd’hui une certaine érosion tant du point de vue démographique qu’au niveau de la priorité qu’accordent les élus et élues au niveau municipal aux questions francophones. Quoique la francophonie demeure majoritaire dans les comtés de Prescott-Russell, l’accès aux services et activités en français connait une certaine fragilisation. Enfin, si la population francophone de Sudbury demeure relativement stable malgré une baisse de son poids relatif, le Nord de l’Ontario demeure une région largement formée de communautés plus rurales qui connaissent les mêmes défis que d’autres en situation comparable ailleurs au pays.
Au niveau politique, l’Ontario dispose depuis 1986 d’une Loi sur les services en français. En décembre 2021, en réponse à une demande de longue date des francophones et à la suite de vastes consultations publiques, le gouvernement a promulgué une Loi remaniée. Cette refonte prévoit, notamment, l’obligation de faire l’offre active de services en français dans les administrations centrales des organismes gouvernementaux et dans les bureaux situés dans les 27 régions désignées de la province(3). Cette première révision approfondie de cette loi en 35 ans représente une avancée majeure pour la francophonie.